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L’origami pour les curieux #1 : une science artistique

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L’origami pour les curieux #1 : une science artistique

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Bonjour,

Aujourd’hui, nous allons nous attaquer à un ensemble d’articles autour du thème complexe qu’est l’origami, oscillant entre discipline scientifique et créativité artistique. Oui. Rien que ça. Allez, petits curieux, accrochez-vous !

Avant de nous lancer, je souhaiterais remercier chaleureusement Rémi qui a pris le temps de me parler de sa passion, de m’expliquer les mots de vocabulaire bizarroïdes liés à cette discipline et même de faire des démonstrations sur des serviettes en papier sur un coin de table. Cet article et les suivants n’auraient clairement pas pu voir le jour sans son apport de connaissances et de motivation.

Cela dit, commençons par un…

Rapide historique de l’origami

La discipline, alors nommée zhézhǐ, est apparue en Asie et daterait de plus de 2000 ans. Cette forme artistique a migré dans la région, passant de l’actuelle Corée au Japon, puis à la Chine (ou l’inverse, cela reste relativement flou), se diversifiant et se complexifiant à chaque changement de mains. Je ne m’attarde volontairement pas sur ce point, retenez simplement que la science du pliage du papier est fichtrement âgée (plus que le vieux monsieur à qui tu devrais proposer le siège dans le bus), ce qui lui a laissé le temps d’évoluer, sous l’influence des tendances et modes du moment.

Quoi qu’il en soit, la prononciation que nous connaissons mieux, « origami », nous vient du pays du soleil levant avec oru, plier, et de « kami », papier. Or, les nippons utilisent aussi « kirigami » ou l’art de couper le papier. Mais si, vous savez, les flocons de neige ou les guirlandes de silhouettes découpées avec amour durant votre année de CP ! Certes, la technique permet de faire quelques petits trucs plus évolués…

Old Eagle © Maude White

Old Eagle © Maude White

Projet d'étude © Mahaut Lemoine

Projet d’étude © Mahaut Lemoine

Bref, le terme générique que nous utilisons où le soleil se couche (ou se lève plus tôt, tout dépend) englobe plusieurs techniques bien distinctes.

Devant la diversité des œuvres pour l’une et l’autre technique, je vais essayer de me contenir à la science du papier plié, et non découpé pour cet article et ceux à venir (il n’est pas impossible que le kirigami ait un article associé à l’avenir).

Et aujourd’hui ?

Fichtre, ne posez pas cette question, malheureux, nous n’en finirons jamais !
En effet, si pour la plupart des êtres sur cette planète arrête de plier du papier après les petits bateaux dans la baignoire ou les avions à lancer dans la classe, il existe un club d’irrésistibles gaulois hurluberlus qui soutiennent mordicus que l’origami peut résoudre à peu près tout. Ahah, tout ça parce que leur bateau flottait un peu mieux que le mien. Bande de jaloux.

Plaisanterie mise à part, ils ont clairement raison dans le sens où l’origami est une réponse correcte aux différents défis que nous pouvons rencontrer, notamment dans l’aérospatiale. On peut ainsi citer Robert J. Lang, un mathématicien plieur de tickets de caisse divers qui a travaillé avec la NASA pour le déploiement de télescope dans l’espace. Le papier offre en effet une rigidité étonnante lorsqu’il est correctement agencé, tout en proposant des déclinaisons de formes innombrables, le tout avec un poids imbattable (et un coût de production pas trop dégueux non plus). Depuis 1980 (date à laquelle un panneau solaire pliant designed par Koryo Miura pour un satellite japonais s’est élancé dans le ciel étoilé), de nombreux mathématiciens et chercheurs divers étudient les applications potentielles du matériau, ce qui dépasse clairement l’art lui-même et donne une nouvelle dimension (…hé) à la discipline.

Pliage de Miura

Pliage de Miura

Bref : le pliage de post-its, oui, mais il y a moyen que cela devienne sacrément compliqué rapidement (je vous laisse jeter un œil aux équations de rigidité, c’est très rigolo). Si le sujet vous intéresse vraiment, l’article Wikipédia vous plaira.

Mère nature a de l’avance

Vous vous souvenez du confiteor de l’artiste ? … OK, pas grave. Tant pis. Non, CA VA, j’ai dit. Ouais j’suis pas vexé.

BREF, ce que je souhaitais dire à la base, c’est que les problématiques liées à la gestion de l’espace ont déjà trouvé des réponses dans la broussailles ! Effectivement, quiconque a observé de près les bourgeons un peu plus attentivement aura compris qu’il faut bien plier les feuilles pour qu’elles tiennent dans un si petit emplacement.

Et c’est là qu’intervient l’origami : les scientifiques (et par extension, les artistes) ont étudié le fonctionnement des pliages naturels pour en tirer des enseignements carrément chouettes. Du genre : des prototypes de mini-tubes expansibles dans le corps humain pouvant aider à déboucher des canaux, des modèles de générations pour notre joli cerveau, des surfaces ultra résistantes… Et bien entendu, les applications dans l’aérospatiale citées précédemment.

Et l’art dans tout ça ?

L’intérêt scientifique porté sur l’origami a donné lieu à des partenariats entre génies artistiques et mathématiciens de tous bords.
Les créateurs, au-delà des challenges techniques, tentent de trouver une nouvelle approche du média. Faut avouer qu’ils arrivent tout de même plusieurs milliers d’années après l’arrivée de l’origami, donc il y a pas mal de boulot de réappropriation…
Ainsi, si le nom des pratiques semblent figé, les outils, les couleurs, les compositions sont fluctuantes. L’origami a l’avantage de regrouper sous son aile de multiples créateurs, produisant des œuvres diamétralement opposées (pour notre plus grand bonheur visuel et mon plus grand malheur rédactionnel). Il m’est impossible de tous les citer, je vous proposerai donc une petite sélection la semaine prochaine !

D’ici là, je vous invite à lire l’article dédié à Sena Runa et au Paper Quilling, une forme d’art elle aussi reliée au papier
Comment ça, pas convaincus ? Regardez donc :

Buddha © Sena Runa

Buddha © Sena Runa

Heart © Sena Runa

Heart © Sena Runa

Butterfly © Sena Runa

Butterfly © Sena Runa

Je vous sens fébriles… N’hésitez plus, c’est par ici !

Quelques liens utiles :

Facebook de Mahaut Lemoine ;
Facebook de Maude White ;
Facebook de Sena Runa ;
A propos de Robert J. Lang ;
A propos du pliage de Miura ;
Article à propos des panneaux solaires dépliables et de l’origami.

4 commentaires pour “L’origami pour les curieux #1 : une science artistique”

  1. J’ai rien lu mais c très bo

  2. C bo effectivement C encore plus bo quand on lit si vous permettez.

    Allez savoir pourquoi, cet article me fait penser aux chopping tools, aux galets aménagés. L’être humain, femme ou homme, fabriquait des outils il y a des millions d’années et un jour, miracle, révolution, il a pensé l’outil avant de le faire.

    Il a pensé et ensuite il a fait.

    Et, quelques millions d’années plus tard, voilà le résultat. Certes, le laps de temps entre l’action et la réflexion n’est manifestement pas le même pour tous mais globalement, l’être humain a inventé cette faculté qu’il partage avec d’autres animaux, faut pas croire.
    Mais il existe des artistes qui préfèrent construire en faisant, structurer au fur et à mesure, comme les abeilles avec leur ruche dont elles n’ont pas déposé un plan à la mairie du coin, les malines. P. Soulages (Pierre, pardonne moi de te comparer à une abeille !) est de ceux là par exemple. La peinture et la lumière le guident. Ce qui donne un effet très différent de l’origami.

    Entre nous, cela montre tout de même que c’est pas mal de réfléchir finalement.
    Merci d’avoir présenté cet art avec cette perspective !

  3. Une question bête, lorsque tu dis « oru, plier, et de « kami », papier » -> Kami en japonais veut dire « dieu » également. Y’a-t-il un rapport ? ^^

  4. Merci pour ton commentaire et l’excellente remarque ! 🙂

    Je ne suis pas un expert en la matière, mais il semblerait que lorsque l’origami est arrivé au Japon au VIe siècle ap J-C, le prix du papier était encore très élevé.
    Le pliage n’était donc pratiqué que dans le cadre de cérémonies religieuses, renforçant son aspect sacré et créant potentiellement un lien divinité et matériau. Les deux idéogrammes diffèrent réellement, que ce sont en japonais ou chinois. D’ailleurs, l’appellation de la technique a dû subir quelques variations en 1500 ans, et durant ses passages de la Chine vers le Japon…
    Je suppose que l’homophonie vient de l’utilisation première du papier, mais ce n’est peut-être pas la seule explication possible !

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