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Piste 1 – 12ème résilience musicale

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Piste 1 – 12ème résilience musicale

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Je suis le représentant d’une déviation dans l’expérience subjective, dans le fonctionnement psychologique en rapport aux normes générales concernant le concept de « conscience ». Voici la douzième édition du format « Piste 1 ».

Bonjour, bonsoir à toi.

Aujourd’hui, encore une fois, je vais aborder avec toi des thèmes dont on a pas l’habitude d’extérioriser, surtout pas par écrit en tout cas. Après vous avoir parlé de « catharsis » dans le dernier épisode en date, le numéro onze, soit l’acte de se réfléchir soi-même. Une prise de distance avec moi-même, une libération des carcans et chaines qui m’entravaient, pendant l’espace de quelques minutes, je suis  »   « . Je ne suis rien de réel, rien de matériel, je ne suis plus le jeune homme mal rasé, taciturne, qui vogue entre deux névroses et une psychose. Je suis moi-même, quelque chose que l’on ne peut nommer car propre à chacun de nous, chacun de « moi ». Je me suis senti comme une coquille vide, avant de réaliser que la vacuité de l’être humain n’est pas réel car au-delà de ce que nous voyons, sentons, ressentons même ! nous sommes une essence, une identité. Et après avoir expliqué le cheminement pour aboutir à « Piste 1 – n°11 » dans celui-ci et dans cette introduction, passons à la suite.

Deux fois plus de bonheur, deux fois plus de Hyahya & de gros sons !

Non vous ne rêvez pas, il y a bien deux playlists à présenter, explication (brève, je l’espère) : J’ai fait le playset « #12 » en premier, avant même d’avoir écrit « Piste 1 – n°11 » car j’ai l’habitude de prendre des titres puis de les analyser plus en détail mais en y réfléchissant, c’est un excellent playset mais il n’y a pas ce « petit grain », c’est en cela que j’ai fait une deuxième playlist : « douzième ».

Ce qui nous fait une playlist à environ 16 minutes (#12) et 18 minutes (douzième), prévoyez un petit café, au cas où.

Faire face à soi-même, c’est accepter ses blessures …

Comment comprendre le terme « résilience » (dans le prisme de la psychologie) me diras-tu et je te donnerai des exemples, réels ou fictifs à toi de choisir. La résilience, c’est ce qui permet à un homme violé de surpasser cet acte de déshumanisation, c’est ce qui permet à un de tes proches de faire le deuil de sa mère décédée, c’est ce qui a permis à certains de dépasser l’action de « survivre » lors de l’attentat à Manchester récemment. La résilience, c’est un phénomène qui permet à n’importe qui de, volontairement, consciencieusement et en étant conscient de l’épisode traumatique traversé, d’aller de l’avant, se projeter dans le futur et arrêter de vivre en boucle l’épisode traumatique. Et pour te faire comprendre l’importance de ce concept pour « moi », je vais te raconter l’histoire de Red, cette jeune femme que tu vois en fond du « player », cette jeune rousse sulfureuse tirée du jeu : « Transistor ».

Kero Kero Bonito – Heard a Song (CFCF remix) : Un bon gros coup d’EDM, Kero Kero Bonito est sublimé par CFCF via le travail sur l’instru’ pour la rendre plus « smooth ». Red est une victime, une chanteuse à qui on a volée la voix et mêlée à une histoire de corruption du monde par une association mafieuse qu’elle va démanteler, membre par membre car elle a/est « Transistor », cette espèce d’hybride entre une épée, une clef USB et un néon. A travers le Transistor, une voix nous réveille, comme sortie d’une radio. CFCF rend l’instru’ plus saturée et lointaine au début du titre comme sortie d’un poste. Et c’est là que Red devra prouver qu’elle doit, à travers ses combats et via le joueur (un « lien », un « médium » entre l’histoire et le personnage), survivre pour sauver son ami, prisonnier du Transistor. « I put the radio on … »

Bingo Players & Oomloud – Tic Toc : Bingo Players revient avec un titre’ entre une trap bien sale et une bass house rodée, maitrisée. Et tout comme le loop qui ralentit puis s’intensifie, le « tic toc » va aller crescendo. Tel est le sentiment que m’a fait éprouver « Transistor », aller crescendo. Red devra dépasser son amitié, sa passion, dépasser ses préjugés en adoptant un « ennemi ». Red va dépasser sa condition de victime pour se réapproprier son Humanité (avec un grand « h »). Red se réfléchie elle-même (via le double gameplay, autant action que stratégique) et reflète la justesse d’un être humain en proie à des doutes et c’est « ça » qui m’a fait tilté. Tout comme le balancier d’une horloge « droppée » comme jamais, le temps passe, s’éternise et se ressemble et on s’accroche à Red. On termine avec un goût amer.

Emmit Fenn – Woman : Le moment final, celui où pendant une dizaine d’heures tu sais très bien comment cela se terminera, tu sais pertinemment depuis le début du jeu que Red ne peut survivre. Mais tu as abandonné l’idée qu’elle puisse périr, forte comme elle est, après l’enfer qu’elle a vécue. Mais elle va s’asseoir sur le sol, au même endroit qui l’a vu renaître, cote à cote du cadavre de cette voix et elle va s’empaler. La fin est cruelle, horrible mais on doit l’accepter car moi, joueur, j’ai aidé Red pendant son parcours et c’est maintenant à « moi-même » de faire preuve de résilience en acceptant qu’elle décède, c’est « son » choix. Et il restera et reste dans mes souvenirs, ces moments où Red murmure ses chansons … Un sentiment de vide s’installe. Fenn nous livre un son lourd, pesant, sur lequel il distille des notes oniriques comme s’il avait pris le ciel lors d’une nuit d’orage et avait posé, petit à petit, les étoiles, les planètes et les galaxies qui nous entourent car peu importe où tu regarderas, il y aura toujours une preuve de ton existence, de tes choix.

YOOKiE & Brewski – Drip : On se fait violence. On retourne dans la colère. On se prend le drop de Yookie comme une vague, de plein fouet. On boit la tasse, on se calme, on ré-ouvre les yeux et on respire en crachant le reste de l’eau iodé emprisonné dans nos poumons. Après le questionnement incessant, apporté par « Tic Toc », le titre « DRiP » explose et nous fait ravaler l’amertume comme on ravale sa fierté après avoir bu la tasse. On cherche une raison cohérente au geste de Red, peine perdue. Yookie fait perdurer son drop à base de loops synchrones en deux temps (T1 + rewind de T1 qui donne T2), simple mais efficace, comme se donner un coup d’épée en plein cœur pour rejoindre l’être aimé.

Xavi – Siente el Boom : Un titre plus original, pour une fois, de l’afro-trap. Une trap entre les rythmes latinos et la lourdeur de l’instru’ mécanique introduite par la trap américaine, une trap hyride, une trap qui ne fait pas de concessions et accepte ses origines. Xavi sort un titre qui émerveille par sa structure complexe tout en restant simple au premier abord et pourtant, il y en a des choses à dire sur son travail ! Le « clapping » propre aux musiques latines sud-américaines, que l’on caricature souvent via la musique de rue brésilienne (« samba ») est un aspect culturel, musical et Xavi a eu la bonne idée de marier sa culture, ses racines, avec les sons que lui donnent son environnement ; une merveille. Autant sur le « concept » que la « technique » !

… pour mieux se relever. Pour prospérer, rayonner pour soi-même.

DEAD FETUS – Cradle : DEAD FETUS revient avec un titre moins sombre, moins creepy. Une sorte de rollback, un retour en arrière, ce que j’ai fait pour revivre Red. Une nouvelle partie mais avec un affect particulier car rien ne sera réellement nouveau. Je connais Red, je m’identifie à « elle », à sa passion, sa profession, ses sentiments, ses feedbacks muets à Transistor mais surtout à son regard rageur, qui ne s’adoucira jamais. Red se bat et se battra, sans raison. Elle se bat car elle doit se battre, elle doit dépasser « ça ». Elle revit « en boucle » les mêmes moments, tout comme « moi » je revis les mêmes loops en mode « repeat » dans « Cradle ».

k?d – Soda : K?D nous a offert un héritage, ses musiques non-finies. Il nous offre son échec cuisant, il offre sa résilience. Il dépasse l’échec de la création, la page blanche. « Soda », c’est un cri strident à soi-même, une alerte. Puis vient les basses dopées au style « future » et tout s’envole, se cristallise. « Soda ». Frais, énergisant, le cri devient des ballons dans les airs puis des bulles qui éclatent dans le liquide céphalo-rachidien. Implosion.

Uberjakd & Dimatik (feat Enya Angel) – Fighter : Un hybride, encore. Entre de la trap, de la house, de l’EDM, de la tekno/techno et de la psyché-transe. Ce duo nous transporte au delà des frontières des « genres », des « styles ». « I’m a … a … fighter ». Un chef d’œuvre d’ingéniosité et de transitions réussies. Ce titre reflète le besoin de se surpasser, constamment, de regarder toujours plus loin, de s’adapter. « Fighter » fait écho dans son concept à notre société, on se fout de savoir si je suis homme, femme, hétéro, gay, cisgenre, transgenre, ouvert d’esprit ou étroit. « Fighter » c’est le combat d’une musique qui veut s’émanciper des étiquettes et c’était pas gagné…! Red a dû se battre en tant que femme, qu’héroïne de jeu vidéo, que chanteuse, en tant que Red. Transistor concorde dans son style à cette musique, c’est un parti pris, un pied-de-nez à cette catégorisation incessante et éternelle. Une manie purement humaine de segmenter, cloisonner et critiquer chaque comportement, chaque groupe social. Catégoriser pour mieux régner. L’artboratoire, dans mon esprit et ma vision des choses uniquement (car j’ai l’immense chance de pouvoir dire ce que je veux, quand je veux, une liberté totale), c’est un espace de création, un espace où l’Art (lui aussi, avec un grand « a ») peut coexister dans toutes ses formes. Red existe autant que « Fighter », autant que l’artboratoire. Une fenêtre ouverte sur l’ouverture.

Robotaki & Claire Ridgely – Monkey Bars : On ouvre la fenêtre, on respire l’air lourd de l’été. « Monkey Bars » est une ouverture lui aussi, un vent d’air frais dans la pop contemporaine. Des gimmicks simples, des arrangements déjà éprouvés, une voix auto-tunée, une saturation des basses dans les aigües et pourtant ce refrain … ! « Up to the sky ». Le rythme, le tempo est comme cette fameuse vague, cela va et vient doucement pour que l’océan des beats s’interrompe sur une écume saturée. Sexuel et ga(y)/(i), « Monkey Bars » tranche dans le vif et choisit de réunir les gens autour d’une instru’ grossière et infantile et j’aime cette facilité, cette simplicité. Je ne parle pas la même langue que le monde entier mais je sais que n’importe qui peut chantonner le beat du refrain.

Iggy Azaela & Anitta – M0 Bounce (remix by Will Sparks) : Tout aussi sexuel que « Monkey Bars », Sparks nous étonne d’un son « loud » (les basses sont amples et sans loops comme un oscilloscope, c’est à dire que les basses sont absolument les mêmes mais sont structurées de façon à ne pas avoir de répétitions prévisibles) très house et dance, carrément EDM mais peu importe. On oublie tout ce marasme intellectuel qu’est cet article, encore et toujours trop long, pour juste bouger son cul sur des basses bien grasses sur la voix d’une putain de blondasse ! Red, quand à elle, est dans un champs de fleurs. Elle est resplendissante, lumineuse. Elle est la résilience, sa personnification, elle est même allée jusqu’à transcender la mort pour détruire le Transistor et devenir une entité créatrice, quasiment divine ! Mais non. Red, rayonnante, emmène la « voix » dans ce pré. Pourquoi créer quand on peut simplement tout sublimer ? …


C’était l’histoire de Red, que j’ai vécu et sur-vécu. C’était aussi « mon » histoire un tout petit peu mais surtout c’est l’histoire de l’artboratoire que j’écris, avec toi lecteur car au fond de moi je n’espère qu’une chose, c’est que tu t’ouvres. Que tu t’ouvres physiquement, mentalement, psychologiquement, cognitivement, sentimentalement, socialement, spirituellement, culturellement. Ouvre toi à l’Autre et si autrui ne veut pas que tu t’ouvres et insiste pour que tu restes qu’une larve cogitant dans sa boite, nique-lui bien sa mère.

Derrière ma vulgarité et mes phrases courtes de « punk », derrière mes pavés indigestes et l’intellectualisation à outrance de mon coté « hippie-bobo », si je suis là, dans mon pouf marron, torse-nu, à te déblatérer mes idéaux et affects, c’est car j’en ai autant envie que besoin et mon ambition, c’est que tu fasses la même chose. XOXO Hyahya


N’oubliez pas de commenter, liker, tweeter, partager cet article s’il vous a touché, horripilé, dégouté ou détruit. Des bisous (et un big up) à Saya’ dans cet épilogue d’épilogue, pour le boulot qu’il donne pour son « bébé », il charbonne dur dessus mais surtout pour le remercier de me laisser entamer mon neuvième mois au sein de la matrice « artboratoire » !

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