Marc Allante – pluie de couleurs

Bonjour,

Intéressons-nous cette fois à la peinture dégoulinante, mais pas celle crade qui a débordé du pot à pinceaux, non… Celle, resplendissante, de Marc Allante.

Le jeune homme (même pas 30 ans) a connu son heure de gloire grâce à un post sur reddit qui a rapidement atteint des sommets. Il a été interviewé, mis en exergue et applaudi en 2013 grâce à cela par divers sites reconnus (dont le huffpost et topito, au niveau français).
On pouvait lire et observer l’évolution de l’artiste au fil des années, passant du gribouillage enfantin que nous pourrions égaler à des crayonnés vraiment bons. Ah, léger détail… Lui, à 15 ans, il arrivait à ça :

© Marc Allante

© Marc Allante

Ouais, voilà. Il était déjà quelque peu talentueux. (Ne soyez pas jaloux, ils sont chouettes, vos phallus gribouillés à l’arrache sur le brouillon du voisin.)
Quoiqu’il en soit, ce qui nous intéresse aujourd’hui, ce sont ses œuvres un peu plus récentes, et clairement plus colorées.

Bien. Ça calme, pas vrai ?

Ce qui me plaît le plus, c’est l’aléa qu’apportent les traînées de peinture. Il y a dans ces tableaux un aspect incertain : on ne sait pas où va s’arrêter le trait, délimité, et la couleur, frémissante.
On a l’impression que le trait se forme presque par hasard : sans qu’on puisse s’en douter, il surgit de la toile, ébauche la forme, puis repart et le papier garde simplement son empreinte. L’averse est ainsi : elle est déjà passée, mais on a toujours la vision de l’instant où les regards se croisent.

Ou alors, la couleur semble s’échapper. Elle bouillonne, surgit et éclabousse d’encre brute le tissu tendu à se rompre, juste devant nos yeux. Le rapace montre ce dynamisme éclatant : on sent la force de ses ailes chatoyantes. L’abeille rejoint cette idée de mouvement rayonnant : on voit le vent multicolore soulevé par ses élytres (ouaip, élytres, tamer).

Bref, je ne taris pas d’éloges, alors autant m’arrêter et vous laisse admirer un second lot de créations.

Celles-ci sont probablement moins pimpantes mais : 1) je n’ai pas pu m’empêcher d’ajouter Totoro à la liste ; 2) il peut être profitable de voir ce que fait l’artiste, en-dehors de ses chef-d’œuvres. Marc Allante se débrouille ainsi avec du monochromatique et s’est intéressé à l’urbanisme pictural : derrière un style reconnaissable, il sait varier les thèmes ! Wah. La classe.

Malheureusement, je vais avoir du mal à vous expliquer ou montrer de manière détaillée son fonctionnement comme artiste, puisqu’il n’a pas de chaîne Youtube aussi active que celle de Erik Johansson… Cela dit, vous pouvez toujours le voir à l’oeuvre dans cette vidéo :

Ne pleurez pas trop, vous pouvez essayer de reproduire le style de certaines de ses œuvres. Et je vous le dis tout de suite, je tire la recette de divers sites pour l’enseignement en CP/CE1 (1, 2, 3) alors pas d’excuse ! Bon, j’avoue, leurs résultats ne sont pas probants mais on ne leur en tiendra pas rigueur… n’est-ce pas ?

Le principe est simple. Tout d’abord, munissez-vous de papier assez lisse (le but est de laisser glisser la peinture dessus, donc si tout est absorbé au départ, on pleure légèrement). Déposez de l’encre de chine sur un bord et placez la feuille à la verticale. Si tout se passe bien (aka, si vous êtes dans un référentiel physique pas trop relou), le liquide devrait dégringoler et laisser une trace colorée au passage.
Lorsque vous avez réitéré l’expérience d’assez nombreuses fois pour avoir un zèbre coloré en guise d’oeuvre, imprimez un motif en noir et blanc (cadeau), découpez-le en bande (histoire de respecter les normes physiques citées précédemment) puis collez-le au bas de votre feuille.
TADA.

Oui, ça a bavé, oui, c’est un peu moche. Mais pinaise, vous êtes quand même vachement fier (bravo, vous pouvez passer en CE2) !

Si les œuvres de Marc Allante vous ont plu, je vous invite à découvrir au plus vite le travail d’un autre artiste, liviing !

Sur ce, à la prochaine fois !
D’ici là, portez-vous bien (sympathie d’un soir, bonsoir) et n’hésitez pas à partager vos trouvailles via twitter ou dans les commentaires !


Accès direct aux commentaires

L'article vous plaît ?

Vous avez sûrement un avis à partager !

* : requis.

Lire les commentaires (5)

c’est encore magique et en plus tu écris bien !

Incroyable comme une même technique peut-être utilisée différemment. Jackson Pollock et son dripping faisait à la fin des années 50 des peintures beaucoup plus tourmentées.
Même technique ? Quoique. Jackson Pollock peignait à plat, désacralisait le support, l’acte de peindre était l’oeuvre.
Même message ? Certainement pas. Marc Allante m’impressionne par les contrastes entre le hasard contrôlé des coulures et la netteté du thème ainsi mis en évidence. Comme s’il voulait exaucer la beauté dans le chaos. Histoire d’une époque entre menaces et îlots d’humanité ? Décidément, les artistes sont peut-être parfois les seuls à voir ce que la majorité ne voit pas ou plus.

Merci de partager cet artiste dont le message touche.

Merci beaucoup pour les commentaires ! 😀

Intéressant parallèle. Cela dit, les peintures explosives de Marc Allante le sont par le contraste des couleurs, et non par la profusion de traits tourmentés.
Jackson Pollock jette la peinture. Ici, on la laisse couler, on lui souffle dessus pour la guider, l’accompagner. Il n’y a pas la même violence dans l’oeuvre

Merci pour le commentaire !

J’ai tapé tableau à l’encre de chine,et sur toute la page d’images de tableaux,les seuls qui ont attiré mon regard sont ceux de Marc Allante!!!
Merci et bravo!!! C’est magnifique.