Baptiste Debombourg – agrafes par milliers

Bonjour,

Entre sculpture, installation, et surtout, agrafes, Baptiste Debombourg navigue avec dextérité.

Cet artiste curieux a suivi un cursus honorable (Beaux Arts de Lyon puis Paris, bref, la base, quoi…) avant de voler de ses propres ailes.
Il s’est apparemment beaucoup intéressé à l’architecture et à la sculpture, ce qui a donné lieu à des œuvres prenant momentanément possession de l’espace. Notez que ses créations investissent un lieu provisoirement car, selon lui, l’éphémère permet de poser des questions durant un laps de temps mais laisse la place exister pour elle-même. Nous y reviendrons, mais avant, petit tour d’horizon de ce qu’il a pu proposer.

Je ne vous montre que ce qui m’a tapé dans l’oeil puisque la partie pour laquelle j’ai voulu écrire cet article arrive ensuite. Le premier cliché m’a plu par son simple double-sens. Gratuité du message.

Les deux installations suivantes, quant à elle, corroborent la théorie exposée auparavant : l’espace est sublimé par la création. J’aimerais bien utiliser le mot cristallisé mais on va encore dire que j’ose des jeux de mots nullissimes. L’effet donné par le verre (pour ceux qui s’interrogent : la structure est en bois et le verre feuilleté y est fixé) me plaît : on le voit prendre possession de l’espace.
De même, l’abribus défoncé montre, dans toute la violence de ses angles, l’œuvre sortir du cadre de nos références. Non, n’essayez pas, vous n’attendez pas souvent les transports en commun sous un abri pareil.

On voit ici l’art qui se démène et s’extirpe du moule habituel. Les créations de Baptiste Debombourg sont assez souvent brutales, en ce sens. La tempête est soudaine et ne dure pas si longtemps, pourtant elle exprime toute la difficulté qu’a la matière à trouver un sens nouveau.

Cela dit, le mot « agrafes » avait peut-être titillé votre curiosité… Hé bien, vous voici récompensés !

« Ouaiiiis, mais c’est pas des agra… »

Chut. Tu te tais. Et si t’es pas content, ce doigt va atterrir dans tes fesses.

Détails © Baptiste Debombourg
Détails © Baptiste Debombourg

Alors ? Tu les sens, les agrafes ?

Hum. Pardon.

Toujours est-il que, oui, ce sont bien ces petits objets maléfiques qui se plantent plus souvent dans votre main que dans la feuille de papier. Pour vous donner une idée du travail pharaonique demandé, la dernière œuvre fait 4 mètres par 11 et a nécessité 450 000 bouts de métal, pour 340 heures de travail. C’est phénoménal mais le résultat en vaut la peine.

Baptiste Debombourg a réussi à créer des ombres, à faire ressortir les formes et le mouvement, seulement en appliquant des agrafes à un mur blanc. Chapeau bas.

Le thème est globalement mythologique et religieux. L’artiste annonce ainsi sur son site :
« Le thème récurrent dans ces fresques tourne autour de la chute, du coupant et de la religion qui trouve un écho avec l’agrafe. Ici l’agrafe est un matériau et un média qui joue avec l’agression contemporaine et l’utilité profane de la vie quotidienne. »

Voilà, voilà… Impie créature que je suis, seuls les aspects technique et visuel m’intéressent dans cette série d’œuvres. Je n’ai pas été touché par le message induit. Raté. M’enfin, c’est déjà un bon début.
Sur ces belles paroles, quelques autres photos de la série en vrac.

Fin de l’article, nous voilà. J’espère qu’il vous aura plu, captivé, intrigué, bref, que c’était chouette à lire. N’hésitez pas à le commenter ci-dessous, à partager vos trouvailles et/ou l’article sur Twitter et Facebook !
Sur ce, à la prochaine fois !


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Ce qui m’a étonné est la citation de l’artiste qui oppose agrafe et religion en associant ce media au quotidien, au profane.
Comme si la peinture utilisée à la Renaissance était sacrée ? Mais peut-être, est-ce justement une critique de la sacralisation de la peinture comme media de l’art.

P. Soulages peint à plat et fait « voir » la peinture, son épaisseur. Une autre façon de signifier que c’est l’acte créatif qui est sacré et pas les outils, moyens, media qui les servent…

Mais alors, les artistes sont les nouveaux dieux ?