Peindre avec du sable coloré : Joe Mangrum

Joe Mangrum, un artiste américain, s’est tourné vers un média étonnant : le sable coloré. Il trace d’immenses mandalas à même le sol, éclairant de ses rosaces les rues de New York.

Vous vous en doutez, pour atteindre un tel résultat, il faut s’armer de patience !

Joe Mangrum semble en déborder puisqu’il a à son actif plus de 900 œuvres de ce genre. L’artiste les réalise dans des lieux publics ou dans des salles fermées, en 6 à 8h environ. Autant dire qu’il faut ajouter de solides genoux, à la liste des pré-requis.

Technique et méthode

L’artiste a eu la bienséance de mettre à disposition des vidéos de son processus créatif, alors pourquoi s’en priver ?

Comme vous pouvez le voir, Joe Mangrum dispose autour de la surface (ici, une salle du Musée des Arts et du Design de New York) différents pots de couleurs variés. Il attrape ensuite leur contenu sablé dans sa main et le laisse s’écouler graduellement afin de dessiner les motifs au sol.

Chose relativement logique, il commence par le centre et trace les contours principaux du premier anneau avant de remplir les interstices et d’agrandir le cercle. Il répète cette opération autant de fois que nécessaire pour remplir la pièce…

La régularité de débit et la précision de son travail sont carrément bluffants ; de même, il ne semble pas utiliser de modèle et à part une rapide prise de hauteur de temps à autres, il crée au hasard des grains de sable, suivant un modèle mental inconnu du public.

Le sable et le temps…

Nous en avions parlé lors de la présentation de Brian Owens et de ses portraits faits de sel : cette forme artistique s’inscrit d’un univers temporel éphémère.

Joe Mangrum annonce ainsi : « Parfois mes peintures de sable sont éparpillées par le vent, parfois c’est moi qui les balaie de la main » .

Lorsqu’il crée en extérieur, ses œuvres d’art attirent le regard du passant, qui, curieux vient voir de plus près. Ainsi, le spectateur et l’artiste sont absorbés par le procédé, par l’agencement progressif des couleurs.

Détails et technique ; avant la fin © Jpe Mangrum

Détails et technique © Joe Mangrum

Joe Mangrum, sourcils froncés par la concentration, silencieux dans une rue de New York, entraine les badauds dans son sablier personnel. Il laisse s’écouler les grains jusqu’à l’achèvement de la création, avant qu’elle ne disparaisse, poussée par le rythme trépidant de la ville.

Néanmoins, tout le sable ne disparaît pas : l’artiste récolte un échantillon de chaque œuvre et le conserve précieusement dans de petits tubes à essais, soigneusement étiquetés.

Tubes de sable © Joe Mangrum

Tubes de sable © Joe Mangrum

Cette dichotomie entre légèreté frivole du sable que l’on disperse et l’archivage attentionné est pour le moins étonnante, sinon amusante. Bien entendu, je fais ici abstraction des diverses photographies et vidéos qui permettent à l’artiste de montrer son travail aux malheureux n’étant pas au bon endroit… au bon moment.


Souffle sur les grains restants et… fin de l’article ! J’espère qu’il vous aura plu ; si c’est le cas, je suis sûr que vos amis seront tout aussi ravis de le lire !

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