Gregory Thielker – peintures hyper-réalistes et humides

Bonjour,

Vous aimez regarder la pluie couler sur la fenêtre et la peinture hyper-réaliste vous a toujours attiré ? Allez consulter Gregory Thielker a ce qu’il vous faut !

L’artiste, un globe-trotteur curieux, a travaillé sur une série d’œuvres (« Under the unminding sky » ) alliant les deux principes cités précédemment.
La première fois que j’ai croisé une de ses créations, j’ai d’abord cru que c’était une photographie, tellement le résultat est ressemblant. Et pourtant. Jugez plutôt.

Bluffant, n’est-ce pas ? Rien à redire pour l’aspect : la technique est magnifiquement bien maîtrisée.

Sur son site officiel, la description de la série nous informe que son vœu est de montrer « comment les routes influencent notre vision des paysages. La couche d’eau fait office d’une lentille qui améliore ou brouille notre vision. » A noter que la route est un thème récurrent de son oeuvre.

Le mélange approximatif des couleurs et le flou grisâtre du temps pluvieux nous laissent apercevoir l’arrière des voitures, des arbres, un carrefour.

Je ressens une certaine mélancolie en regardant ces peintures, comme si le sentiment automnal des pluies froides revenait à leur simple vue. Comme si le bruit de la ventilation, celui du moteur au point mort, qui attend qu’on le pousse à nouveau, bourdonnait à l’oreille, alors que l’humidité se fait sentir. On voit les gouttes sur le pare-brise s’écraser lourdement, ruisseler, et on sent le bitume mouillé, dans l’obscurité arrivée trop vite. Et on se souvient des heures passées enfant à regarder la vitre se couvrir de gouttelettes, perlant d’un côté à l’autre, jusqu’à se laisser bercer par la route. Méandres et pluie.

Je m’égare.

Malheureusement, Gregory Thielker ne poste pas de vidéo de la réalisation de ses peintures. On a très peu d’informations sur sa technique, sa méthode.

Cependant, j’ai pu trouver quelques photos sympas :

Le premier cliché est celui d’un de ses ateliers. La toile le suivant est toute simple, comparée aux autres, mais les gouttes m’ont semblé vraiment réussies, presque sortant de la surface. La dernière image vous permet normalement de voir plus aisément que c’est de la peinture, et non une photographie.

Avant de nous quitter, j’aimerais vous montrer une autre série qu’il a réalisée. Hop, cadeau.

Les peintures sont placées dans l’eau, puis peu à peu submergées. Une vidéo de la performance est disponible ici.

Il m’est assez difficile de vous donner un avis construit. Je ne sais pas… quelque chose de simple en ressort. Beau. Poétique.
L’un des clichés m’a marqué spécialement : la peinture est seule, face à la mer qu’elle représente. Cela m’a fait penser à des textes sur l’art et son rapport à la nature. On met ici face à face la représentation et le sujet. Et l’original prend le dessus, jusqu’à faire disparaître l’autre.

Et maintenant la profondeur du ciel me consterne ; sa limpidité m’exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle me révoltent… Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.

Beaudelaire, extrait du Confiteor de l’artiste.

Je vous laisse méditer là dessus.

Cet article touche à sa fin, j’espère qu’il vous a plu. Si vous souhaitez donner votre avis ou partager vos trouvailles, n’hésitez pas à le commenter ou me contacter via Twitter et Facebook.


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