Entrez dans les bulles colorées de Ruslan Khasanov

Comme vous allez le voir, ce n’est pas le sens de la couleur qui manque à l’artiste Ruslan Khasanov. S’il a fait de l’art « pour éviter l’ennui », il le fait aussi pour notre plus grand plaisir. Qui n’est pas fasciné par ces bulles qui semblent tant surréalistes ?

Des bulles et des couleurs

L’œuvre de Ruslan Khasanov peut être résumée en quelques mots, mais ce serait manquer de respect envers son travail. Réellement originales, ses créations sont reconnaissables grâce à leur aspect organique et aléatoire. En effet, il utilise de la couleur pure (acrylique, gouache, encre) qu’il mélange avec un corps différent (huile, eau,…). Pour obtenir les bulles, c’est dans de l’huile qu’il verse quelques gouttes de couleurs. Et pour obtenir cet effet d’ink water flow, je vous le donne en mille, c’est dans de l’eau que se mélange la couleur.
C’est dans ses choix de couleurs tout à fait marquants que l’on s’aperçoit de sa maîtrise, entre paillettes et pastels, brillance et aspect laiteux.

Toujours imprévisible, toujours magnifique

L’imprévisibilité de son travail le rend fastidieux mais pour autant, donne des résultats finaux assez impressionnants par leur beauté. Grâce à la rondeur des bulles, particulièrement, il nous semblerait qu’elles flottent devant nous, telles des billes suspendues. Et pourtant, elles sont bien entourées d’un liquide, et non d’atmosphère ! C’est toute la maîtrise de son art. L’air joue pourtant un rôle incroyablement important pour son travail. C’est en soufflant ou en utilisant un ventilateur, orienté selon ses envies, que Ruslan Khasanov va créer et donner du dynamisme et du relief. Parfois, les couleurs fusionnent, parfois non, et l’on retrouve l’aléatoire de son l’art. Plop !

Nous aurons aussi remarqué la nécessité pour Ruslan Khasanov de jouer sur la piste du macro, du zoom. Des projets comme Crystallize démontrent cette passion pour le microscopique. On se croirait presque à l’un de nos vieux cours de chimie, lorsqu’il fallait observer de près les membranes d’un oignon !

Ses œuvres ne se savourent pas de la même manière si elles se regardent avec beaucoup de recul. Il n’est même pas certain qu’elles se savourent tout court. En effet, aussi paradoxal que cela puisse paraître, son travail trouve toute sa splendeur dans l’espace que les couleurs occupent ou laissent vide. Avec ou sans les fameuses bulles. L’artiste impose un cadrage dans lequel les couleurs évoluent et interagissent entre elles, comme un orchestre, mais sans musiciens.

Un talent sur plusieurs plans

Ruslan Khasanov joue aussi avec la technologie dans son projet Pixel Distorsion Portraits. Il s’amuse avec les écrans et les gouttes d’eau, en créant cet effet que nous connaissons tous pour avoir déjà eu des gouttes sur nos écrans (un éternuement mal géré ou un postillon aventureux, par exemple). Un travail de précision qui demande la rigueur dont seul un artiste comme Khasanov peut faire preuve. Ses portraits sont incroyables par leur faculté à nous perdre : à première vue ce sont des gouttes, si on les isole. Et si l’on regarde l’image dans son intégralité, ça y est le visage apparaît. Comme beaucoup d’artistes, Ruslan Khasanov demande à ce qu’on se concentre sur la totalité et pas seulement un élément.

Expériences, peaux et encres

Plusieurs de ses projets sont aussi expérimentaux, comme Over Your Skin, qui nous montre que la peau de la main est aussi un superbe support de travail grâce aux plis qui la constituent, la creusent et nous rendent uniques. Khasanov travaille sans gants, et pendant les créations, se retrouve presque systématiquement avec de la peinture plein les mains. Cela a donné naissance à ce projet, bien qu’il ait attendu 3 ans avant de le réaliser complètement. Il explique aussi dans son sujet qu’à cause de la technique de prise de vue (le macro), il est très compliqué de filmer d’autres zones du corps, en raison de la caméra qui perd son focus en cas de mouvement (la respiration par exemple). Pour autant, dans la vidéo démonstrative, nous pouvons nous rendre compte que des lèvres et des tétons (oui) ont été filmés. Un rendu assez extraordinaire et complexe, au vu de ce qui semble être une technique somme toute assez ordinaire…

Ce talent à la fois simple et complexe, extraordinaire dans son ordinarité, nous ne sommes pas les seuls, chez L’artboratoire, à le remarquer. De nombreuses marques ont déjà fait appel à Ruslan Khasanov : Linda Farrow, M.A.C. Cosmetics, ou encore Adobe. Pour les utilisateurs du logiciel Adobe Indesign, vous vous souvenez sûrement de l’image de démarrage de la CC2018. Eh oui, c’est bien Ruslan Khasanov, en association avec le studio français My Name Is Wendy, qui l’a créé.

Il vous est donc chaudement conseillé d’aller découvrir l’étendue de son œuvre sur son site internet, qui saurait presque rappeler celle d’Emilie Serris. Car tout est un jeu de couleurs, de diffusion. Et malgré un style que l’on pourrait croire répétitif, Ruslan Khasanov parvient tout de même à nous surprendre.

J’espère que le travail de cet artiste vous a plu ! Et puisque le monde ne demande qu’à être découvert, alors, à très bientôt pour un autre article sur L’artboratoire !
Cœur sur vous,
Marnie.


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