Dr Woo – l’art de la finesse

L’artboratoire se dévergonde et vous propose à partir d’aujourd’hui une toute nouvelle série d’articles sur le thème du tatouage ! À travers la présentation d’artistes et de différents styles et techniques, j’espère réussir à vous transmettre ma passion pour ce monde encore méconnu, bien qu’il touche de plus en plus de personnes puisque d’après un récent sondage, un français sur cinq est ou a été tatoué.

Pour ce premier article, je vais vous présenter le tatoueur Dr Woo, basé à Los Angeles. Alors non, aucun rapport avec la série homophone bien que lui non plus ne soit pas docteur.

De son vrai nom Brian Woo, son travail vous dit peut-être quelque chose puisque sa réputation n’est plus à faire. Sur Instagram, ce sont plus de 1.5M de personnes qui le suivent (rien que ça). Sa notoriété lui vient principalement de clients connus qui sont passés sous ses aiguilles, avec par exemple le rappeur Drake ou bien plus récemment l’actrice Emilia Clarke, connue pour interpréter Daenerys Targaryen dans la série Game of Thrones, qui s’est faite tatouer ses trois dragons sur le poignet.

Drogon, Viserion et Rhaegal au poignet d’Emilia – Dr Woo

Drogon, Viserion et Rhaegal au poignet d’Emilia Clarke – Dr Woo

Alors oui c’est vrai, ce n’est pas le nombre de followers sur les réseaux sociaux ou la notoriété de ses clients qui font la qualité du tatoueur. Mais laissez-moi vous montrer que sa renommée est à la hauteur de son talent.

Entre réalisme et géométrie

Le travail de Dr Woo est reconnaissable par sa maîtrise de lignes particulièrement fines. Il travaille uniquement en noir avec des nuances de gris qui lui permettent de rajouter de la profondeur à ses œuvres.

Comme on peut le voir, les animaux sont largement représentés dans ses tatouages, que ce soit le chien d’un client ou bien un manchot anonyme. Malgré l’absence de couleur, le réalisme est au rendez-vous, le gris étant largement suffisant pour faire apparaître les détails.

On retrouve également beaucoup de formes géométriques dans ses œuvres, que ce soit seules ou bien associées à un autre motif. Dr Woo arrive à très bien accorder géométrie et réalisme dans un ensemble harmonieux qui ne dénature en rien l’élément principal. Au contraire, le dessin en devient même plus abouti, comme si ses lignes venaient créer des bordures entre le tatouage et la peau. Si cet ensemble fonctionne aussi bien, c’est aussi grâce à la finesse des lignes, qui viennent compléter les traits fins de l’élément réaliste.

Des petites pièces, avec beaucoup de délais

Alors que la majorité des artistes privilégient les grands morceaux de chair vierge pour leur dessin, les pièces que tatoue Dr Woo sont relativement petites. C’est justement là que réside tout le talent du tatoueur puisque malgré la taille, il arrive à mettre beaucoup de détails dans ce qu’il fait.

Il est ainsi légitime de se questionner quant au vieillissement des tatouages sur la peau. En effet, plus le dessin est petit, plus il aura tendance à devenir épais, ce qui transformera votre petite coccinelle toute mignonne en une épaisse tâche noire.

Bien sûr cela n’arrive pas systématiquement puisque tout dépend de l’endroit où est positionné le tatouage, des encres utilisées et bien sûr de la technique du tatoueur. Dr Woo semble tatouer ses dessins sur des parties du corps où la peau ne bouge pas énormément, ce qui fera durer le tatouage dans son état initial plus longtemps. Pour autant, je n’ai pas réussi à trouver de “vieux” tatouages de l’artiste sur Internet compte tenu de sa notoriété plutôt récente.

Converse x Dr. Woo

Si j’ai choisi cet artiste c’est également parce qu’il a récemment collaboré avec la célèbre marque de chaussures Converse dans une collection à durée limitée. Elles n’ont honnêtement pas grand-chose à voir avec le monde du tatouage (ou alors j’ai vraiment raté une subtilité et dans ce cas-là je veux bien que vous éclairiez ma lanterne), mais j’aime beaucoup l’idée que de grandes marques s’associent avec des tatoueurs, ce qui montre bien l’influence que le tatouage a sur notre société actuelle, et qu’il ne s’agit pas d’une pratique réservée aux prisonniers et membres de gangs.

Édition limitée de la collection Converse x Dr. Woo

Édition limitée de la collection Converse x Dr. Woo

Si cette collection vous intéresse, sachez qu’il y a encore quelques tailles disponibles sur l’e-shop de la marque pour la modique somme de 110€. Vous retrouverez notamment le modèle ci-dessus, une paire de Converse dont la toile cache une tout autre facette qui n’apparaît que lorsque la chaussure se déchire.

J’espère que ce tout premier article sur le tatouage aura attisé votre curiosité, n’hésitez pas à me partager en commentaires vos impressions ainsi que vos tatoueurs préférés que je me ferai un plaisir de suivre sur les réseaux sociaux !


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On aiiiiiime ! o/

J’attends la suite avec impatience ! 😀

Merci pour ce bel article qui m’a ouvert les yeux sur les tatouages.

J’aime ce côté délicat (plus que précis) qui s’oppose à certains tatouages plus grossiers dans leurs formes mais aussi leurs messages. La géométrie est aussi étonnante sur un support aussi vivant que la peau. Pour moi la géométrie c’est des maths, de l’abstraction et la peau est concrète, chaotique, dynamique. Une belle opposition entre la raison et la vie ou plutôt la complémentarité ?

Je me questionne sur ces œuvres d’art que sont les tatouages à la fois éternelles et temporaires. Éternelles parce qu’elles sont gravées « à vie » mais aussi très temporaires parce qu’elles n’auront pas la durée des peintures de Michel Ange par exemple… Cette relation au support est très particulière et dans le cas de l’artiste présenté encore plus soulignée par la finesse du trait qui, si j’ai bien compris, peut compromettre la pérennité de l’oeuvre.

Je suis plus réservé sur la marketisation du style de l’artiste sur les Converse mais bon, faut bien vivre hein !?

Bref, une très belle découverte et un article qui ouvre beaucoup de perspectives.
Merci Julie 🙂 Hâte de voir la suite !

Merci à vous deux pour vos commentaires ! *0*

@Dark Vador : je ne peux d’approuver votre commentaire. Le tatouage n’est pas qu’un simple dessin compte tenu de son support final, et c’est ce que je trouve particulièrement intéressant.
Il s’agit évidemment d’un point de vue personnel mais je ne vois pas le tatouage comme un effet de masse, ou comme un acte de rébellion. Malheureusement, c’est cette idée qui est ancrée et j’espère réussir à déconstruire cette image qui n’est aujourd’hui plus actualité à travers des tatoueurs qui sont réellement des artistes, et les tatoués qui ne sont pas (forcément) des malfrats.

Si le temps me le permet j’aimerai justement pouvoir parler de tout celà dans un article, car je trouve que ce sont des sujets très intéressant à aborder et à approfondir !