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Die Antwoord

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Die Antwoord

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« Die Antwoord ». Derrière ce nom barbare se cache l’une des meilleures choses qui est arrivée à la Musique ces dernières années au monde !

« DANCE WIF DA DEVIL »

Die Antwoord (prononcé « Dit hante-vourte », en afrikaans) est un groupe sud-africain composé de trois personnes « fixes » : Ninja (aka Watkin Tudor Jones), Yolandi (aka Anri du Toit) et de Dj Hi-Tek, sont des personnages imaginaires, fantasmés. Chaque membre du groupe est associé à un alter-égo lui ressemblant et « incarnant » la personne, une pièce de théâtre éternelle.

Comme dit précédemment, chaque membre du groupe a un alter-égo. Ninja est une sorte de gros beauf-redneck-macho rappeur et Yolandi quand à elle est une véritable « femme forte » faisant un opposé-complémentaire à Ninja. Une forme bien étrange d’équilibre de deux personnages esthétisés à outrance, dans le stéréotype le plus total.

À savoir que « Die Ant » est un véritable ambassadeur du mode de vie et de la culture « zef » (une culture voulant « sublimer » et tenter de rendre le « ringard »/ »beauf » au top de l’esthétique, la culture zef est une critique agressive de la « conformation » de la société et des personnes cherchant à s’intégrer dans des groupes pré-établis, en gros, à foutre des gens dans des cases). Le zef, c’est une attitude acide et critique sur les aprioris mais aussi une critique profonde de la société et de la fondation des groupes sociaux, de l’attribution de ces dits-groupes au niveau des critères intra-personnelles (genre, sexualité, etc) et inter-personnelles (catégorie sociale, revenu financier, etc). Pour être moins protocolaires, le zef c’est : «  »Tu » trouves ça dégueulasse alors « MOI » je ne dois pas le porter ! Bah tu sais quoi « aif dé pé », j’le porte quand même ! »

Ce positionnement fort de Die’ participe à l’émergence d’un style « identitaire » fort, tant au niveau culturel que musical en Afrique du Sud, tout en prônant des idées « fortes » comme la controverse liée au titre « Evil Boy » traitant de la circoncision/excision forcée chez les enfants et de la pression sociale que cela engendre.

Die Antwoord, c’est autant un style musical qui s’approche de la trap, de la techno, du gabber ou du pur rap qu’un style visuel, je vais même dire que c’est une « esthétique » à eux seuls (autant au niveau vestimentaire que dans les visuels d’EPs/albums/clips), très saillante et connue pour être « modulée » par des artistes reconnus ou adaptée pour se « moquer » d’autres. Il faut comprendre que Die’ a « transcendé » sa musique pour être, aujourd’hui, considéré comme un groupe « à part », ce n’est pas de l’électro-trash, c’est du « Die Ant’ ! »

Au niveau musical, Die Antwoord chante autant en anglais, qu’en afrikaan (bien que majoritaire dans ses chansons) et certaines chansons dans des langues africaines séculaires comme le zoulou/zulu ou le xhosa. Actuellement la formation a sorti quatre albums : $O$, Tension, Donker mag & Mount Ninji and Da nice time Kid ; ainsi que trois EPs : 5, Ekstra & Suck on This.

Le coté « biographie » étant fini, passons à une analyse plus poussée du « style » Die Antwoord !

Le ZEF ou le contre-pied de l’esthétique « moralement et socialement accepté et acceptable » !

Die Antwoord, c’est une musique qui ne plaira pas à tout le monde, c’est un « univers » visuel et auditif de niche.

Pour une fois, je veux parler des clips car Die’ développe son univers à travers ses clips, proches du court-métrage, avec un style très cru et personnel.

Commençons avec un clip sorti en 2012, je parle du « merveilleux » : I FINK U FREEKY !

Ce clip est une collaboration avec Roger Ballen, un peintre-plasticien.

Clip en nuances de gris, plans serrés, dessins dérangeants, esthétisation du « laid », le style de Ballen est présent et s’accorde parfaitement au ZEF de Die Antwoord.

À cette pièce de théâtre nuancée s’y ajoute la folie malsaine de Die’ avec son univers entre l’absurde et l’horreur. Des danses/postures extravagantes, un Ninja tantôt ridicule tantôt inquiétant (merci la moustache et le sourire niais se changeant progressivement en sourire carnassier, rappelant un certain Dali !) et une Yolandi guerrière (presque animale) tantôt dans la sidération, tantôt dans la fragilité.

Un clip particulier car l’univers qui en découle colle parfaitement avec l’image du groupe et de l’artiste !


On passe maintenant à un deuxième clip, celui que j’aime le plus d’ailleurs : Baby’s on fire !

Clip tellement surréaliste qu’il en devient presque tangible : bénédicité absurde, t-shirt en totale auto-dérision (Who needs tits ? / World’s best Mom), parents largués, tension familiale, etc.

Ninja est toujours dans son rôle de macho’ en décalage face à une Yolandi-barbie en roue libre, toute l’histoire se basant sur « JP » (prononcé « Jaille Pi » pour plus de réalisme), petit-ami de Yolandi que Ninja ne peut pas voir puis se part en couille. Ninja en slip (appelé autrement « moule-bite ») en samouraï-mode via son katana, Yolandi fumant des joints avec des Pikachu à ses pieds… Y en a des perles dans ce clip !

Après l’univers angoissant, Die’ nous montre entièrement sa définition du « zef » qui est clairement un univers absurde, où cohabite la cruelle réalité (des parents démissionnaires de leurs enfants violents flirtant autour de la violence, la drogue et le sexe, en vivant dans une banlieue défavorisée sud-africaine) et l’humour omniprésent en auto-dérision.

Le clip est une « critique » de l’image que l’on donne à certaines villes sud-africaines (ultra-violence, drogue, « lobotomie dû à la télévision »). Die Antwoord se sert de ce stéréotype comme force visuelle, autant dans le coté « beauf » que « violent », pour appuyer le surréalisme du clip et la stupidité de cet a priori qui veut que « banlieue = débile » à travers un cynisme de niveau « OVER 9000 ». Le groupe est toujours dans l’extrême et c’est ça qu’on aime ! *inférieur à trois*


Voici maintenant le troisième (et dernier) clip que je vais vous présenter, je nomme : Banana brain !

Véritable court-métrage avec son (mini) scénario. Ce clip se veut comme la « rencontre » entre Ninja & Yolandi ainsi que dans la « création » de Yolandi elle-même (avec le changement « physique » dû à sa célèbre coupe de cheveux).

On est toujours dans la culture « zef » (grosse voiture « tunée », ultra-violence, drogues, etc), on retiendra que « pour une fois », c’est la musique qui est en premier plan, le clip a été pensé et réalisé dans l’optique de « coller » à la musique, ce qui donne réellement une impression de « film auditif ».

Visuellement, c’est très très dérangeant (si vous êtes majeurs, vous pouvez tenter de mettre la vidéo en pause sur Ninja quand ils sont dans la chambre-néon ! … WTF LOADING …) mais toujours aussi « kitch ». Tout est culte dans ce clip, de la scène du « thé », au miroir entouré de « fok fok fok » ou à cette fin qui se termine sur le « fameux » bonnet banane.


L’univers visuel de Die Antwoord est extrêmement riche, si vous êtes intéressés, je vous conseille aussi les clips « Fatty boom boom » ou « Ugly boy » !

« DI HANTEVOOURT IN DA FACE MODAFOCKA ! »

Pour une fois, j’ai décidé de ne pas mettre de playset/liste de lecture/playlist. Simplement car il y a trois clips (et que je ne veux pas vous accaparer votre petite vie surbookée, entre 2 fast food dégueu’ la semaine, faut pas oublier qu’y a la marmaille à aller chercher à l’école puis qu’il faut « snap' » toute les trois minutes sans quoi vos proches vont s’inquiéter de savoir si vous êtes encore en vie … !)

Sinon, après cette longue phrase « facile/20 » et si vous êtes encore en vie après cette article du Sheitan lui-même et que vous appréciez, musicalement, le groupe. Je vous invite à aller sur leurs site officiel, où l’album « $O$ » est téléchargeable gratuitement OU d’aller regarder sur les plateformes de vidéos à la demande (aka YOUTUBE) sans adblock ! (pour soutenir les créateurs, bien sûr. Ainsi que les actionnaires de Youtube (Y) !)


Le prochain dossier va être encore plus long que celui-ci à faire (« wé wé », donc courant 2048 ! krkrkrkrkrr !) car je souhaite qu’il soit le plus exhaustif possible, simplement car je veux le faire sur le groupe qui a marqué mon petit cœur sanglant tout mou (ainsi que mon cerveau, mon foie et mes poumons … !) de la musique que fait ce groupe !

Un commentaire pour “Die Antwoord”

  1. […] on va tenter de faire plus court que le dossier sur Die Antwoord ! (j’ai assez usé mes doigts pour 2016 « wallah » […]

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