Piste 1 – #14

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Piste 1 – #14

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La musique, c’est aussi s’ouvrir à la différence. C’est une porte.

Ici, pour cette quatorzième édition du format « Piste 1 », je prends encore une fois la parole. Si vous me lisez et écoutez ce que je vous propose, vous savez que pour « ma petite personne », la musique c’est une partie de moi-même. Et cette fois-ci, pas d’ironie macabre, juste un article « cru », réaliste et réel. Aujourd’hui, je vais avoir besoin d’expliquer le « thème » de ce numéro 14 du format « Piste 1 » (ou P1 pour faire court) qui traite de la « différence ».

Erratum : Aujourd’hui, je vais parler de la « différence » donc, de ce besoin d’être soi-même, d’outrepasser les carcans moraux et sociaux de notre société, de se besoin d’être libre et de pouvoir « être » qui on veut « être ». Si, pour une raison quelconque (et c’est votre droit), cela ne vous intéresse pas, vous pouvez passer ce passage en ne lisant pas les paragraphes qui suit (la partie « encadrée », intitulée « Étincelle »), en allant directement à la partie « Flamme » , qui traite « uniquement » des titres présents dans le playset qui suit.

Le playset contient 6 titres, pour une durée totale avoisinant 21 minutes.


Étincelle

En tant que minorité(s), je me suis toujours battu, toujours adapté mais m’est-il arrivé, « être moi-même » ? Dans les précédents Piste 1, j’ai souvent parlé à demi-mot de mes problèmes de santé, mes problèmes professionnels et/ou sociaux mais jamais de « mes » problèmes, des problèmes que je rencontre au quotidien. Je parle souvent des « affects » que j’ai quand je découvre et analyse un titre (qu’ensuite je vous présente) mais ces affects, c’est avant tout « mon » ressenti, avec toutes les forces et vulnérabilités qui me remplissent à ce moment donné. Récemment, dans les médias, on a beaucoup lu, entendu des sujets (à des fins plus ou moins discutable) « quotidien » que je rencontre : la Souffrance des Femmes par exemple.

Je ne défends bien entendu pas les hommes et/ou les femmes qui commettent, tous les jours, incessamment, une forme d’oppression sur la Femme (je parle ici d’une « entité » spéculative, il y a autant de « femmes » qu’il y a de « femmes » sur Terre) mais n’est-il pas « critiquable » que certaines personnes utilisent ce brève instant dans l’Histoire à des fins purement financières ? Est-il normal que les Hommes gays, après avoir pleurés pour avoir le « mariage pour tous » ne se mobilisent pas pour la libéralisation des Trans ou le combat des couples lesbiens pour l’accès à la PMA ?

Je suis crispé, énervé quand je me rends compte, qu’au final, j’appartiens plus aux incessantes victimes qui se battent contre une masse hypocrite, la plupart du temps « mâle » et « populaire ». Deux données métriques que je partage avec ce groupe. Et cela m’enrage de voir et « vivre » chaque jours cette lutte incessante pour n’avoir rien qu’une miette de dignité humaine.

Oui, je suis « pd » comme une licorne, je m’habille en jean et/ou traillis troué, je chausse des Dr Martens, j’ai les cheveux rasés avec une mèche asymétrique, je travaille dans la restauration rapide comme un bon « jeune esclave rempli d’espoir », je me considère « progressiste » ce qui ne m’empêche pas de réfléchir au retour de la peine de mort, j’ai des lunettes « Prada » parce que mon corps a été acheté et livré par Ikéa (avec un œil gauche myope et un œil droit hypermétrope, paye ta logique), je suis un adorateur des animaux mais je consens aussi qu’il faut réguler les populations animales, je suis omnivore mais je comprends le choix de ne manger « que » des produits animaux ainsi que l’inverse.

Du coup, je ne comprends ‘toujours’ pas comment on peut croire que des étiquettes puissent « suffire » à me définir d’après des algorithmes ou des « biens pensants ». Je suis une « œuvre » complexe et à jamais incomplète, qui s’est développé, se développe, se développera et perdurera à jamais grâce et à cause des trillions de trilliards de variables biologiques, inter/intra-personnelles, sociales et environnementales. Même mort, j’existerai dans l’esprit de ceux qui ne le sont pas encore, des marques que j’aurai laissé sur la Terre. Personne ne « meurt », la conception actuelle et partagée de la « mort » comme un arrêt brutal de sa propre vie biologique est risible. Certes, ton enveloppe « matérielle » n’existe plus mais as-tu réfléchi à toutes les actions, à la totalité des variables sur lesquelles tu as « influencé.e » et « influé.e » ? Te rends-tu compte que tu as influencé l’existence de l’Univers entier ?

Ce n’est pas parce que tu ne ‘marques’ pas ton temps « physiquement » ou « matériellement » que tu es inutile. Que ce soit Hitler ou Mère Thérésa, ils ont « marqués » le Temps et l’Espace d’une certaine façon, ces deux personnes ont marqués les esprits, les consciences, la culture, le monde, l’Humanité. Alors si « tu » ne veux toujours pas admettre que j’ai le droit d’être unique et différent, même après cette tribune indigeste, tu peux juste aller faire un tour à la Fistinière.


Flamme.

The Show Readers Club – Lunatic : On débute avec un genre dont j’ai très peu parlé dans les précédents « P1 », le rock alternatif. Pourquoi « commencer » avec ce titre venant d’un groupe inconnu (2.000 abonnés sur Soundcloud) ? Simplement car quand je suis tombé dessus par hasard (mais réellement par hasard, d’habitude je farfouille sur Youtube, Soundcloud, des journaux (comme Noisey, Libération, Têtu, Les Inroks, etc), les affiches et/ou flyers de teuf/soirée privée/teknival/festival), j’ai senti une sorte de « force » dans cette vibe mi-New Wave, mi-Garage. L’omniprésence du synthé’, de la basse, cette voix distordue qui s’envolent, tout trois, dans une danse à la limite du lyrisme avec en fond une petite batterie, wow. « Lunatic », de mon avis, y’a un potentiel qui peut éclore dans la musique « mainstream » d’aujourd’hui, en bouleversant certaines choses, cette chanson est « vintage » tout en ayant les codes musicaux actuels. « The Show Readers Club » je les vois « un peu » comme les Depeche Mode des années 2020, imo.

ARMNHMR & Nolan van Lith – Alone (ft Dylan Matthew) : Le « coup de cœur » de cette sélection. Sur twitter, quand j’ai pourri les notif’ de Saya’, j’ai noté avec ce titre que « La Future, c’est clairement un genre qui me correspond ». Ce genre a une certaine « emprise » sur moi et « Alone » en est un exemple marquant. C’est un relâchement d’adrénaline, comme se jeter du haut d’un building et atterrir dans d’obscures limbes pavés d’orchidées blanches. C’est un entre-deux constant. Entre des assets vocaux ultra-métalliques, lourds/loud qui tendent au fur et à mesure des basses, à s’envoler dans un écho distordu par des sons synth-waves et à coté des basses de plus en plus fortes (en db/décibels) avec un bpm (battement par minute) toujours plus rapide, tout se désynchronise pendant ce mix intense pour clore sur un « black-out », c’est putain de puissant ! Pendant mon écoute de ce titre, je me suis réellement senti « alone », réellement seul avec moi-même. Je ne regrette jamais mes choix et je ne me donne aucunes limites. Récemment, je vous ai parlé de mes cheveux plus haut, j’ai aussi rasé ma barbe (le combo : collier, cou, moustache, joue) pour garder juste un collier « made in Hyahya » (long sur les mâchoires et rasé sur le menton), si demain j’ai de nouveau envie de teindre mes paupières, je le ferai. Je n’accorde aucuns crédits à ces codes sociaux et moraux d’un autre temps. J’incarne « mon » propre futur, peu importe ce que vous pensez de moi. Et ce titre, il me correspond en tout point, il est aussi « marginal », « créatif », « fou », « asynchrone » que moi.

TOBYNOH – Would I Could Not Kiss : Dans le précédent « P1 » (Piste 1 #13.5), je vous ai parlé de mon point de vue sur le phénomène « post-trap » et pour moi ce titre en fait partie. Quand j’écoute des sons coréens ou japonais, j’ai toujours cette appréhension positive, je sais que ces sons sont « différents » de ce qu’on peut entendre venant d’artistes européens ou américains. Et là, grosse blague. Tobynoh sort un gros son trap, autant au sens traditionnel du genre (« trap américaine », c’est à dire une grosse basse bien métallique avec des assets de rap US) qu’une trap « alternative » (il s’approprie le genre en mettant des assets plus proche de la K-pop) et en réussissant l’exploit de mettre « en plus » un gros drop mêlant deep-house avec des sonorités trance. Au début, j’étais en mode : « Mais putain, qu’est-ce que je fais de ma vie, sérieux ? » puis y’a la montée et le drop du dernier tiers du titre (à partir de 2 minutes) et là, il m’a mis une facial comme jamais …. !

Contrefaçon – Danser Penser : En France, on a aussi une scène indépendante, et oui. Un titre sombre (accompagné d’un clip tout aussi sombre, disponible ici) qui mêle différents genres. Très brut, le titre est intelligent par son architecture, d’un coté on a une instru’ raw et de l’autre des paroles sommaires, voir même primitives qui « synergisent » en jouant sur deux mots « danser » et « penser » en « dans ses pensées ». D’ailleurs, je trouve « ça » étrange que ce son n’est pas eu plus d’écho que ça dans les médias « traditionnels », peut être car en France, si on ne peut pas cracher dessus en étant méprisant et aigri (cc Figaro, le Monde ou Gamekult (pour les gamers) 😀 !), ça doit n’intéresser personne j’imagine ? Je remercie donc Noisey (filiale de « Vice ») pour cette découverte dont je ne suis pas sorti indemne !

YDG – Sensi : Ici, nouveau genre que je vous présente, un genre assez singulier et « original », une fusion improbable entre la house et le reggae, on appelle ça « moombah » (nom réel : moombahton). Ici, YDG prend un sample du titre « Finally The Herbs Comes Around » de l’artiste Collie Buddz (que vous pouvez écouter ici) et y apporte une touche très house/deep-house à bon gros coups de drops, loops et autres effets stylistiques pour maltraiter votre pauvre cortex cérébral. On a un son en deux temps, un temps sur le reggae (avec le sample) sur un tempo très lent qui va, instantanément, s’accélérer avec l’introduction des assets house, qui fait un aller-retour constant entre les deux temps. Pour ma part, j’ai adoré ce son car il est « saillant », il tranche dans le vif, il n’y a pas de demi-mesure entre les deux styles, on garde une forme d’antagonisme entre les deux genres et j’aime ce parti pris !

Halsey – Bad at Love (remix by Autograf) : Un petit son EDM & House pour (presque ?) finir le playset. Un son clairement mélancolique qui donne envie (quand même) d’y croire. Autograf a travaillé sur une instru’ de dingue, sur plusieurs plans avec plusieurs tempos différents. « Une vision presque cinématographique » je me suis dit en l’écoutant la première fois, on « rentre » dans le titre. D’une église à la « Kill Bill », on passe à une introspection, une course effrénée en plan serré sur un personnage qui doute à la manière du dieu Lynch et on reprend sur une fin de soirée qui se passe forcément mal comme dans un film de Larry Clark. Le titre ne nous laisse pas un instant pour douter, réfléchir ou même respirer, tout s’enchaine de façon claire et ordonnée et c’est tellement rare aujourd’hui qu’il faut que je le souligne !

Bonus track –Daughter – No Care : Cette chanson a quelque choses de particulier, je l’ai connue en jouant à un jeu vidéo (Life is Strange : Before the storm, préquel de « Life is Strange ») et je l’ai aimée car, ATTENTION SPOILER POILU ET PAS BEAU DU TOUT, ce titre est joué pour « humaniser » un passage « difficile » du personnage principal, Chloé (personnage, au passage, que j’adore) car elle se rend compte que rien ne va dans sa vie et qu’elle vient de se faire virer du lycée, s’en suit donc ce passage où elle va taguer les toilettes du dit-lycée pour « laisser une marque » car c’est un moyen de se défouler de toutes ses frustrations qu’elle n’arrive pas à communiquer, en jargon sociologique et psychologique, on appelle ça « l’adolescence ». Chloé est un personnage qui me marque, simplement car je me revois en elle, au même âge (pour ceux qui font ou ont fait le jeu, je n’avais pas de décharge mais un tunnel de train). Et ce titre si puissant, si brut, si introspectif  exprime à la perfection son désarroi, cette incompréhension « constante » quand on est adolescent, ça m’a coupé le souffle tant le personnage devient « vivant », avec quelques larmes en suspend sur mes joues.

Edit > Bonus track x2 : k?d & Blair – Distance : PARCE QUE C’EST LE NEW K?D TA GRAND-MERE LA TOUPIE ! PREND TA DOSE DE FUTURE ET REVIENS POUR LA PROCHAINE <3 <3

Cendre.

Ce « Piste 1 » est maintenant terminé et il y a encore tellement de choses à dire, que ce soit sur le rock alternatif, le moombah, le phénomène post-trap certainement et tant d’autres choses qui me font penser que l’Humanité pense plus au présent qu’au futur alors que le futur c’est autant maintenant que demain.

Je vous fais à tou.s.tes (#EcritureInclusive) des bisous, même si vous trouvez mes idéaux « trop progressistes » car comparés à « vous », j’essaye de ne pas juger (« mon mauvais » comme dirait un canard, car c’est dur de sortir des étiquettes) et de comprendre les points de vue, même contraires aux miens, car ce n’est pas parce que je « comprends » que j’accepte, ma description personnelle de la tolérance.

XOXO Hyahya

Un commentaire pour “Piste 1 – #14”

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