Le Shadow Art – jeu d’ombres

logo miniature

Le Shadow Art – jeu d’ombres

Partagez cet article
  • Partage Facebook
  • Partage Twitter
  • Partager via Google Plus
retour en haut

Voici le premier (petit) dossier du blog. Nous allons nous intéresser à un style artistique atypique, le Shadow Art ou : comment jouer avec les ombres.

Le principe est d’agencer un groupe d’objets, de sculptures, d’assemblages hétéroclites, etc. afin qu’ilscréent une ombre significative. Travail sur la lumière, les formes, la disposition des objets…

A to Z © Kumi Yamashita

A to Z © Kumi Yamashita

Dirty White Trash © Triantafyllos Vaitsis

Dirty White Trash © Triantafyllos Vaitsis

J’aime personnellement beaucoup le principe, de par son aspect technique (galérant à faire une ombre de lapin malade sur un mur avec mes mains, je ne peux qu’admirer la simple prouesse), mais aussi ce que cela peut signifier, notamment le travail réalisé avec les ordures : relativité du beau, de la matière, et puisque nous sommes sur internet, de l’image renvoyée au monde.
Ce principe est aussi soulevé par la miniature le l’article (Question Mark, par Kumi Yamashita) : une affirmation cache la question.
L’artiste joue donc sur la représentation de l’objet et de ce qu’il y a – littéralement – derrière lui. La réalité de la chose est déformée par sa représentation murale. Il y a même parfois plusieurs versions de la réalité cachée :

The Beginning of the End © im Noble & Sue Webster.

The Beginning of the End © im Noble & Sue Webster.

Il y a donc une autre dimension (toujours plus !) : l’objet, son ombre n°1 et son ombre n°2. Damned, ombreception !
Mais il y a mieux encore : un objet, et trois versions de l’ombre. La projection n’est alors pas simultanée mais alternée, les ombres changeant selon l’angle de la lumière.


Par John V. Muntean.

Fort bien, mais comment est-ce qu’ils font ça ?
Je ne saurais vous répondre avec exactitude, mais je peux toujours vous renvoyer vers cette vidéo, qui montre l’avancement d’une oeuvre :

Par Triantafyllos Vaitsis.

On voit qu’il ajoute progressivement des pièces pour former un ensemble cohérent. Il est amusant de noter combien les objets sont hétéroclites ; rien ne les lie entre eux, pourtant, leur ombre est significative.

Jusqu’alors, nous n’avons pu observer que des travaux en niveaux de gris. Une alternative plus colorée au Shadow Art pur et dur existe bel – belle ? – et bien. Jugez plutôt.

Fly to Baku © Rashad Alakbarov

Fly to Baku © Rashad Alakbarov

Génial, n’est-ce pas ?
Allez, un dernier pour la route ! Cette fois-ci, le spectateur est au cœur de l’oeuvre. L’artiste a placé des spots colorés face à un mur blanc, projetant sur celui-ci les ombres des visiteurs.

Your uncertain shadow © Olafur Eliasson

Your uncertain shadow © Olafur Eliasson


Une version vidéo est disponible ici, si vous le souhaitez.

On note ici que les ombres n’ont clairement plus la même signification de double-sens qu’on a pu déceler dans le Shadow Art traité au début de l’article. L’ombre est (en partie) colorée et son sens est bien plus unique. Cela dit, comme pour toute oeuvre collaborative, la liberté du spectateur fait la beauté de la représentation ; l’artiste n’est pas le seul à jouer avec la lumière.

Si vous souhaitez voir d’autres oeuvres de ce genre-là, je vous invite à consulter les sites des divers artistes cités dans cet article :

Kumi Yamashita ;
Triantafyllos Vaitsis ;
Tim Noble & Sue Webster ;
John V. Muntean ;
Rashad Alakbarov ;
Olafur Eliasson.

J’espère que cet article vous aura plu !

Si vous souhaitez partager vos impressions par rapport au Shadow Art ou vos découvertes, n’hésitez pas à commenter cet article ou me contacter via Twitter.

4 commentaires pour “Le Shadow Art – jeu d’ombres”

  1. J’adore. Le contraste entre l’objet et sa projection est saisissant dans « Dirty White Trash » notamment.

    Une lumière, un objet et une représentation de l’objet. Sans pouvoir dire pourquoi, cet enchainement me rappelle les médias qui choisissent un focus sur un évènement et en donne une représentation… parfois déformée.

    Un éclairage, un objet, une ombre. Finalement, quel est le plus important, lequel nous marque ? Dans notre société de l’image, l’ombre est centrale et si on revenait à l’objet ? « Your uncertain shadow » symbolise pour moi cet humanisme caché.
    Et si, après avoir été attiré par cette ombre étonnante, les artistes voulaient nous recentrer sur l’objet ?

    Merci de ce coup de lumière.

  2. Merci pour le commentaire ! Heureux que l’article plaise et offre des possibilités de réflexion. 🙂

  3. Salut salut !

    J’ai découvert ton site il y a quelques temps et après avoir lu certains articles j’ai envie de donner un peu mon avis.

    Un bon rubriquage, des articles intéressants (notamment les découvertes qui m’ont appris pas mal de trucs), c’est plutôt bien écrit et même assez poétique parfois, on peut se laisser porter !

    Mais j’ai aussi quelques points négatifs à relever, comme par exemple ce genre d’articles que tu nommes « Dossier Complet ». À vrai dire je m’attendais à voir quelque chose de VRAIMENT complet, pour celui ci je pensais voir comment le Shadow Art est apparu, les dérivés qui ont suivi, les ombres chinoises, certains jeux vidéos qui s’en inspirent (cf : Shadowmatic sur l’appstore qui est vraiment génial et très poétique accompagné de ses petites musiques)… C’est pas que les objets le Shadow Art 🙂

    On sent que le Glitch Art avait été plus travaillé quand même mais juste faire attention au terme de « Dossier Complet », on s’attend à trouver un gros contenu quand même quoi.

    Voilà c’était le point principal à soulever, continue en tout cas, tu ne peux que t’améliorer !

    Bon courage

    Pusti

  4. Merci beaucoup pour ton avis constructif !
    Je note la critique par rapport à la rubrique des Dossiers. Effectivement, je n’ai pas exploré le sujet de fond en comble, m’arrêtant probablement un peu trop sur ce que les musées proposent assez récemment. Pour ma défense, il fait partie du contenu que j’avais écrit presque un an avant l’ouverture de ce blog : je l’ai repris sommairement mais n’est pas spécialement complété mes recherches effectuée alors. Tu as raison de soulever ce point, ça m’apprendra !
    A contrario, le Glitch Art a fait l’objet de longues recherche, et me demande même plus de temps que prévu, tant le sujet est vaste. Cela dit, il est parfois nécessaire de couper un minimum. Je propose un contenu relativement condensé, même (surtout ?) dans les Dossiers, alimenté par ce qui me tape dans l’oeil et les concepts qui me plaisent. Cela peut donner lieu aux omissions que tu as cité mais je vais m’assurer de développer au maximum les prochains dossiers, après avoir clôturé la série dédiée au glitch.

    Merci encore pour le commentaire, cela fait vraiment plaisir !

Laissez un commentaire (un cookie offert)